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Malgré la crise, la croissance du volume de données numériques
produites annuellement continue de battre des records. Selon une
étude de l’institut IDC, le volume de données a augmenté de 62%
entre 2008 et 2009 à près de 800.000 petaoctets (un pétaoctet
représentant 1 000 téraoctets soit un million de gigaoctets). IDC
prédit que ce volume passera la barre des 1,2 million de Po, soit
1,2 zettaoctets (Zo) en 2010, et atteindra 35 Zo d'ici à 2020
(soit une croissance moyenne de 45% par an).
En parallèle, l’Académie des sciences et l’académie des
technologies lancent une mise en garde contre les risques de perte
de données qui découlent de l’usure des supports de stockage
utilisés pour leur conservation.
Dans un rapport publié le 9 avril, ces institutions montrent
que la longévité des données enregistrées sur les supports
numériques (CD, DVD, disque dur, …) n'excède pas une durée moyenne
de 5 à 10 ans environ.
Le problème ne consiste pas tellement dans le stockage à court
terme des données mais dans l’utilisation de ces supports en vue
de leur archivage, c'est-à-dire de leur conservation sur une
durée de vie beaucoup plus longue que leur espérance de vie.
La question est donc de savoir comment assurer la pérennité des
données dont certaines doivent être conservées pendant 25 à 50 ans
pour les entreprises et sans limite de durée s'agissant des
archives numériques de particuliers (photos, vidéos, …).
Le rapport de l’Académie des sciences suggère d’investir dans
la recherche portant sur des supports pérennes, les supports
optiques semblant prometteurs.
En attendant l’arrivée éventuelle de supports inaltérables, la
solution consiste dans la définition d’une politique d’archive
numérique assortie de la mise en place d'une stratégie de
migration périodique des données.
Mise en place d’une politique d'archivage numérique.

Il s’agit de recenser l’ensemble des informations qu’il est
nécessaire de conserver pour garder la mémoire de l’activité de
l’entreprise mais aussi pour se conformer aux obligations légales
qui s’imposent dans ce domaine. Ces données seront centralisées et
indexées afin de pouvoir les retrouver aisément.
Une décision complémentaire consiste à choisir le format
utilisé pour l’enregistrement des données.
En effet, les applications utilisées pour produire ces données
ne seront plus d’actualité passé quelques années, sans oublier que
ces applications pourraient également ne plus être supportées par
les nouvelles générations de systèmes d’exploitation.
Il faudra également considérer le cycle de vie des outils
utilisés pour la gestion de ces données, ceux-ci étant également
limités dans le temps …
Définition d’une politique de migration périodique

Compte tenu des éléments qui précèdent, la seule solution
envisageable consiste à migrer régulièrement, tous les cinq ans
par exemple, l’ensemble des données sur un support de nouvelle
génération. Ceci permet non seulement de conserver les données
mais également de bénéficier des améliorations apportées par les
nouveaux supports en termes de densité, de prix et de
performances.
A chaque migration, il sera sans doute nécessaire de se poser
la question de la pérennité du format dans lequel sont
enregistrées les données et de les convertir si nécessaire.
Une option supplémentaire de plus en plus utilisée consiste à
externaliser l’archivage de vos données. Le problème étant que
choisir un partenaire capable de conserver vos données pendant 50
ans peut représenter un sacré pari sur l’avenir !
Le rapport complet est accessible au lien suivant:
http://www.academie-sciences.fr/publications/rapports/rapports_html/rapport_infonum_2010.htm
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