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L’administration française est dotée d’une « commission
générale de terminologie et de néologie » se réunissant une fois
par mois et dont la mission consiste à contribuer à
l’enrichissement de la langue française.
Ses recommandations sont avant tout destinées à être utilisées
par les administrations dans leur correspondance mais l’ambition
de cette commission serait de voir passer ses propositions dans le
domaine public.
Ce noble objectif risque d’être difficile à atteindre tant
certains termes (bug, blog, joystiq, …) sont entrés dans les
usages. Reste malgré tout l’étrangeté de certaines propositions
qui demeure une source inépuisable d’hilarité, particulièrement
chez les « geeks », ces technophiles qui n’ont pas la chance de
disposer d’une « proposition » de la commission.
Il convient malgré tout de reconnaître les succès de cet
organisme qui aura réussi la transposition de nombreux termes
devenus partie intégrante du patrimoine linguistique national,
comme les termes « logiciel », « cédérom » ou encore
« ordinateur ».
Les travaux de la commission portant sur l’adaptation des
termes du Web, pardon de la toile, se ressentent du décalage entre
la vitesse de développement des technologies du réseau et le
rythme de travail de cet organisme. Le deuxième écueil tient à la
concision de l’anglais qu’il est difficile d’égaler, surtout
lorsqu’on s’attaque à des acronymes comme VoIP.
La production récente recèle quelques bonnes suggestions et pas
mal de perles. Quelques exemples dans le désordre :
Ordiphone pour smartphone. Mélange d’ordinateur et de
téléphone, ce mutant risque d’avoir du mal à détrôner les iPhone,
Blackberry, mobile, PDA … bien installés dans les consciences
comme dans leurs étuis de protection.
Bloc-notes pour blog. Pourquoi pas, mais la commission
semble avoir oublié de proposer un équivalent de blogueur qui
pourra difficilement devenir un auteur de bloc-notes.
Fenêtre intruse pour pop-up. Pop-up avait déjà été
adapté il y a quelques temps sous l’appellation de « fenêtre
bondissante ». Cette fenêtre-ci, toute intruse qu’elle soit,
présente l’inconvénient de doubler le nombre de syllabes par
rapport à la V.O.
Filoutage pour phishing. Pourquoi pas, tellement
phishing est inaccessible au locuteur francophone, mais filou fait
un peu gentillet en regard des actes.
Voix par le protocole de l’internet pour VoIP.
Traduction littérale.

Voix par le protocole de
l’Internet ou VoIP en V.O.
Arrosage pour spamming. Poétique mais peu parlant,
d’autant que « l’arroseur » ou spammer réalise ses méfaits au
moyen de « pourriels », terme qui ne fait pas l’objet d’une
recommandation de la commission.
Encre en poudre pour Toner. Trop long encore et
incongru, un peu comme parler d’eau en poudre.
Cybercaméra pour webcam. Cyber au lieu de Web, pas sûr
que le français y gagne au change.
Bogue pour bug. Assez proche de l’original mais tout
aussi vide de sens pour le francophone.
Manche à balai pour joystick. Le fameux « bâton de
joie » risque de rester joystiq pour l’éternité pour les
« gamers ». Le premier à se risquer à utiliser « manche à balai »
va se faire traiter de manche ou de bouffon.
Fouineur pour hacker. Le terme est un peu faible si on
le rapproche des intentions d’un hacker. Le fouineur est un
indiscret à la recherche d’informations croustillantes. Le hacker
est un truand qui n’hésite pas à causer des dommages considérables
pour arriver à ses fins.
Autonome pour off-line. Déconnecté aurait été plus
parlant. Autonome vis-à-vis de quoi, de qui ?
Offre groupée pour bundle. Une proposition qui a le
mérite d’être parlante.
Témoin de connexion pour cookie. Plus dur à avaler que
l’original.
Balise pour tag. Partiellement entré dans les mœurs.
Serveur mandataire pour proxy. Pas plus compréhensible
dans une langue que dans l’autre.
Toile d'araignée mondiale pour world wide web et
logiquement toile pour Web. Risque de confusion avec l’autre sens
figuré de « toile », par exemple « se faire une toile ».
Tous ces termes, ainsi que bien d’autres issus de nombreuses
disciplines, sont accessibles sur le site
France terme
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