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Pendant de nombreuses années, disons une bonne décennie, le PC
classique a représenté l’unique solution pour qui souhaitait
s’équiper d’un ordinateur.
Cet état des choses a commencé à évoluer à la fin des années 80
avec l’arrivée des transportables produits notamment par Compaq,
machines qui incarnaient les premières ébauches des portables à
venir.

Compaq Portable
III circa 1987
Chers, peu puissants, dénués d’autonomie et réservés à une
élite disposant de ressources financières conséquentes, ces
premières alternatives n’ont connu qu’un succès relatif en dehors
de quelques entreprises fortunées.
Comparés à ces machines et même aux premiers véritables
portables, le PC traditionnel était beaucoup plus puissant, il
disposait d’un écran plus large et de meilleure qualité, de
disques durs d’une capacité plus importante … et il était
également beaucoup moins cher. Dans ces conditions, l’utilisation
d’un portable pouvait être envisagée en tant qu’ordinateur
secondaire mais rarement en tant que machine principale.
La montée en puissance des portables

Au cours de cette décennie, du fait de la baisse continue du
prix des composants électroniques, la plupart de ces désavantages
se sont progressivement estompés et les portables ont vu leur prix
baisser spectaculairement alors que dans le même temps leurs
performances s’accroissaient de façon tout aussi impressionnante.
Un portable récent est non seulement pratiquement aussi
puissant qu’un PC « classique » mais son coût a chuté dans des
proportions telles qu’il est devenu abordable, y compris pour le
grand public.
Ces évolutions se sont produites au moment même où les
aspirations à la mobilité se développaient dans la population et
trouvaient dans les portables l’instrument d’une autonomie
revendiquée.
Au même moment, le PC voyait son avantage comparatif se réduire
comme peau de chagrin et surtout conservait sa caractéristique
principale qui consiste à être une machine « fixe ».
Depuis plusieurs années, les statistiques de vente confirment
la popularité croissante du portable : après avoir rattrapé
progressivement les ventes de PC, les ventes de portables ont
atteint la parité avec celles des PC il y a deux ans aux
Etats-Unis et dépassent désormais les ventes de PC.
Selon l’institut d’études Forrester, le déclin du PC va
inexorablement se poursuivre dans les années à venir.

Si les prédictions du graphique ci-dessus se réalisent, le PC
ne représentera plus que 18 % des unités commercialisées dans cinq
ans, 80 % des ventes étant constituées de portables, de netbooks
et de tablettes dont les ventes devraient même dépasser celles des
PC.
PC partagé et portable personnel

En parlant du PC, acronyme signifiant « Personal Computer » ou
ordinateur personnel, il convient de noter que cet appareil est
devenu de moins en moins personnel au fil du temps. Dans la
plupart des foyers s’est instauré une lutte quotidienne pour avoir
accès à la précieuse machine et la solution consiste généralement
dans l’équipement progressif de chaque membre du foyer d’un
portable qui devient véritablement la machine personnelle,
c'est-à-dire dont l’usage est presque exclusif à un individu.
La résistance du PC

Il convient de tempérer les observations qui précèdent en
observant qu’elles s’appliquent avant tout au marché domestique.
Dans l’entreprise, même si la mobilité a le vent en poupe, un
grand nombre de postes de travail sont fixes par nature et ne
justifient donc pas d’un portable. En environnement industriel, le
PC partagé entre plusieurs ouvriers représente la norme.
Le marché du PC n’est pas mort pour autant. Il reste et il
continuera à rester un marché du PC destiné des utilisateurs
avancés travaillant à la production de contenu, au développement
de pages Web, au montage vidéo, sans oublier les nombreux
« gamers » qui ne sauraient se satisfaire des performances des
portables ni surtout de leurs écrans aux dimensions limitées.
L’influence du Web et l’arrivée des
tablettes

Une nouvelle tendance de fond consiste dans le déplacement vers
le web de l’exécution de nombreuses applications, du stockage
d’une partie des données, du jeu, du visionnage de vidéos, …
toutes choses qui rendent à chaque fois un peu moins nécessaire de
disposer d’un PC fixe doté de processeurs puissants et disques de
grande capacité.
On ajoutera le succès croissant d’une nouvelle génération
d’appareils appelés « tablettes », popularisés par Apple avec son
iPad, qui sont principalement destinés à la consommation de
contenu numérique.
Même si l’usage des tablettes devrait être partagé entre les
membres d’un foyer, la progression attendue des ventes de ce type
d’appareil devrait contribuer à marginaliser encore un peu plus le
bon vieux PC.
La nécessité d’une continuité de
l’expérience utilisateur
Au fur et à mesure que se généralise l’adoption de nouveaux
appareils : notebook, smartphone, tablettes, … apparait une
problématique nouvelle qui consiste dans une dispersion des
activités entre ces différents outils et donc une discontinuité de
l’expérience d’utilisation de l’outil informatique.
Il reste à jeter les bases d’une nouvelle continuité permettant
d’interrompre une activité sur son smartphone pour la reprendre
sur son PC en arrivant au bureau, puis si nécessaire pour la
prolonger sur son portable ou sa tablette à domicile.
Beaucoup y réfléchissent, à l’instar de Microsoft avec sa
vision des « trois écrans et du nuage » ou encore de Google, mais
il faudra certainement encore quelques années avant de disposer de
solutions qui soient agnostiques vis-à-vis des plateformes
utilisées et qui rendront finalement obsolète le concept même
d’ordinateur personnel.
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