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La sortie de la beta d’Internet Explorer 9 a été l’occasion
pour Microsoft de présenter les nouveautés de son navigateur dont
la version finale est attendue au début de l’année prochaine.
Les évolutions principales consistent dans une nouvelle
interface minimaliste destinée à mettre au premier plan le contenu
des sites visités, dans une intégration poussée à Windows 7 mais
surtout dans le support pour la première fois des techniques
d’accélération matérielle permettant de rendre beaucoup plus
rapide l’exécution d’applications Web.
L’accélération matérielle pour
exploiter complètement les ressources de la machine

L’accélération matérielle représente la nouveauté majeure de
cette nouvelle version.
Il s’agit sans doute de la première réelle innovation dans le
domaine des navigateurs depuis l’apparition de la vidéo et des
animations Flash il y a dix ans et plus récemment de la navigation
par onglets introduite par Firefox.
L’accélération matérielle consiste à confier la responsabilité
de l’affichage des pages Web à la carte graphique installée,
plutôt qu’au processeur, comme cela a été le cas jusqu’ici. Chaque
PC relativement récent dispose, outre d’un microprocesseur appelé
CPU, d’une carte graphique très puissante appelée GPU (pour
Graphics Processing Unit) qui est généralement sous employée, à
l’exception notable des jeux vidéos.
Internet Explorer 9 répartit la charge de travail entre le
processeur central qui se verra confier les calculs et la carte
graphique qui aura la responsabilité du rendu, c'est-à-dire de
l’affichage du contenu d’une page Web.
Microsoft affirme que sans accélération matérielle, un
navigateur n’utilise que 10 % des ressources d’un PC. Si cette
affirmation est difficile à vérifier (la GPU serait-elle neuf fois
plus puissante que la CPU ?), il n’en reste pas moins que
les gains de performance sont sensibles à l’usage de cette
nouvelle version et deviennent impressionnants dans le cas
d’applications Web nécessitant le traitement d’un grand nombre
d’objets simultanément.
L’intérêt de cette technique d’accélération est qu’elle ne
nécessite pas codage spécifique de la part du développeur
d’application.
Le résultat final est que l’utilisation des sites Web ainsi que
des applications hébergées sur ces sites s’en trouve sensiblement
accélérée.
Les autres nouveautés d’Internet
Explorer 9 : interface utilisateur simplifiée et intégration des
applications Web dans Windows

Internet Explorer 9 propose une interface utilisateur réduite
au strict minimum
Par défaut ne sont visibles de gauche à droite que les boutons
« retour » et « suivant», une barre d’adresse unique combinant la
gestion de l’historique, des favoris ainsi que les résultats de
recherche, les onglets de chaque site visité et enfin trois
icônes : « Home », « Favoris » et « Outils ».

L’approche volontairement minimaliste d’Internet Explorer 9
Internet Explorer 9 se caractérise par l’absence de logo. Les
barres d’outils sont masquées, ainsi que les menus, même si ces
éléments sont toujours en place et peuvent être affichés si besoin
est.
La même volonté de discrétion s’applique aux notifications. Les
pop ups sont remplacés par un cartouche de notification
s’affichant en bas de l’écran et avisant du blocage d’un module,
de la progression d’un téléchargement, d’un avertissement de
sécurité, … notifications qu’il est toujours possible d’ignorer.

Le nouveau cartouche de notification
Sous Windows 7, l’intégration des sites web avec le bureau
permet d’attacher les sites choisis à la barre de tâches, traitant
ainsi ces derniers de la même manière qu’une application native.

Intégration de sites Web (Facebook, Zdnet, France Inter, …)
dans la barre des tâches
Ces applications pourront via un clic droit afficher une
« Jumplist » donnant un accès direct à certaines sections du site,
sous réserve que le développeur ait implémenté cette
fonctionnalité.

Exemple de Jumplist sous Facebook
La sécurité n’est pas en reste avec le nouvel outil de
téléchargement qui va présenter la “réputation” d’un
programme (validité de la signature numérique, nombre de
téléchargements, …) évitant ainsi potentiellement de récupérer des
programmes essayant d’usurper l’identité d’applications légitimes.
La gestion de la performance du navigateur est améliorée avec
la possibilité de visualiser les temps de chargement des
différents add-ins installés et permettant d’un clic de désactiver
ceux-ci si besoin.
Enfin, l’ouverture d’un onglet affiche désormais par défaut la
liste des sites les plus fréquemment consultés, partant du
principe que la plupart du temps l’utilisateur désire retourner
sur un site qu’il a l’habitude de consulter.
Microsoft souhaite que le navigateur s’efface au profit des
sites consultés et que les applications Web soient désormais
traitées comme des outils à part entière au même titre que les
applications natives.
La question du support de Windows XP
La faiblesse principale de cette beta d’Internet Explorer tient
au fait qu’elle laisse sans support les toujours nombreux
utilisateurs de Windows XP.
Ces derniers n’ont d’autre choix que de continuer à utiliser
les versions antérieures d’Internet Explorer ou plus
vraisemblablement d’utiliser un navigateur alternatif.
Le non support de Windows XP par Internet Explorer 9 n’est pas
une surprise, Microsoft ayant depuis longtemps annoncé que ce
navigateur serait réservé exclusivement aux PC sous Windows 7 ou
sous Vista doté du SP2.
L’éditeur présente des arguments techniques basant cette
décision sur le fait que Windows XP ne dispose pas d’un certain
nombre d’API nécessaires à l’accélération matérielle, ces API
ayant fait leur apparition avec Windows 7 et ayant été depuis
rétroportées sous Vista, sans qu’il soit possible d’en faire de
même concernant Windows XP.
Si Microsoft dispose de bonnes raisons de ne pas supporter un
système qui fêtera bientôt ses dix ans, il n’en reste pas moins
que cette décision frustrera bon nombre d’utilisateurs et que
l’adoption d’Internet Explorer sera de ce fait strictement
corrélée à l’adoption de Windows 7.
L’intégration progressive du Web et
des applications traditionnelles
En intégrant les applications Web à Windows 7 (mais pas à
Windows XP) et en en accélérant sensiblement la performance,
Microsoft ouvre la voie au développement d’applications Web de
plus en plus nombreuses qui viendront se fondre avec les
applications dites natives comme Office.
Internet Explorer 9 ouvre ainsi la voie à un
rapprochement entre les mondes du PC et du Web et sera rejoint
dans cette initiative par de prochaines versions de Firefox et de
Chrome dont les développeurs ont annoncé qu’ils supporteraient
prochainement ces techniques d’accélération matérielle.
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