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La généralisation de l’usage d’Internet dans la vie quotidienne
a pour conséquence que de plus en plus de nos faits et gestes font
l’objet d’un enregistrement électronique, que ce soit pour des
raisons de sécurité ou plus prosaïquement à des fins de ciblage
marketing.
Ces dernières semaines, de nombreuses interrogations se sont
posées quant aux pratiques de Facebook ou de Google, considérées
comme des atteintes à la vie privée.
Il est ainsi reproché à Facebook d’en faire un peu trop à son
aise concernant la confidentialité des données de ses membres.
Google se voit quant à lui critiqué pour la capture d’images trop
personnelle, sans parler de l’écoute du trafic Wi-Fi, avec ses
véhicules sillonnant les routes du monde entier chargées de
capturer les images alimentant son service StreetView.
Eric Schmidt, le patron de Google ne déclarait-il pas récemment
que la notion de confidentialité ne lui semblait pas compatible
avec l’Internet et Marck Zuckerberg, fondateur controversé de
Facebook aurait quant à lui aurait déclaré que le concept de vie
privée lui semblait très daté.
Malgré les déclarations de principe apaisantes des acteurs du
Web, comme le fameux « don’t be evil » (ne soyez pas mauvais) de
Google, il s’avère dans les faits que ces intentions vertueuses ne
résistent pas longtemps aux impératifs commerciaux.

Des paramétrages volontairement laxistes
Une méthode fréquemment employée, afin de récupérer légalement
le plus grand nombre de données, consiste à configurer par défaut
les services en ligne tout comme les applications utilisées pour
naviguer de façon très lâche.
Facebook a ainsi changé sans préavis les paramètres de
confidentialité de son service, exposant certaines données de ses
membres au grand jour. Les utilisateurs de Facebook ont dû
explicitement reconfigurer les paramètres de confidentialité pour
revenir à la situation antérieure.
Il a été révélé récemment que si la version 8 d’Internet
Explorer était dotée d’outils avancés destinés à protéger la
confidentialité de la navigation, ces outils ont été désactivés
par défaut par Microsoft pour ne pas aller à l’encontre des
objectifs marketing de certaines divisions de l’éditeur.
D’une façon générale, la configuration des paramètres servant à
protéger la confidentialité des informations que nous publions sur
le Web est beaucoup trop complexe à réaliser pour le néophyte, ce
dernier n’ayant souvent pas même conscience de leur existence.
Un conflit de générations : volonté d’expression sans
limites contre respect de la vie privée
De fait, deux logiques s’affrontent qui opposent deux
générations : On a ainsi d’une part les gardiens de la vie privée
constitués majoritairement d’adultes et d’autre part les tenants
d’une expression débridée et sans limites recrutés sans surprise
chez les jeunes utilisateurs du web.
Ce dont n’a pas forcément conscience ce dernier groupe est
qu’il est très difficile d’effacer une information à partir du
moment où elle a été publiée. Le jeune fêtard qui publie avec
fierté les photos de ses exploits de vacances risque de voir
certaines de ces images le hanter quelques années plus tard lors
d’un entretien d’embauche.
Le patron de Google expliquait benoîtement qu’à partir du
moment où une information avait fait l’objet d’une publication, il
était illusoire de vouloir la contrôler, rassurant …
Quels sont les risques qui découlent de cet étalage
involontaire de données ?

Au-delà de la permanence des données évoquée plus haut, le
risque majeur tient à l’usurpation d'identité. Cette pratique,
courante avec l’email, fait courir le risque de dommages
difficiles à réparer. Il est arrivé à beaucoup de recevoir un ou
plusieurs spams envoyé avec sa propre adresse email, …
Plus grave, l’usurpation d’identité peut être mise en œuvre
avec l’intention délibérée de nuire à la réputation d’une cible.
Diffamez, il en restera toujours quelque chose … et les
corrections risquent d’être difficiles et souvent vaines. La
réputation d‘un individu peut ainsi être attaquée sur la place
publique sans qu’il soit possible d’en identifier les sources et
de stopper ces agissements.
Bref, il est nécessaire de prendre conscience des dangers
grandissants découlant de l’usage du web, des conséquences qui
découlent de la publication d’informations sur le net et enfin de
la meilleure façon de les protéger.
Si les pouvoirs publics cherchent à imposer des limites quant
au type et à la durée de rétention des données par les opérateurs,
un certain nombre de précautions s’imposent pour chacun.
- Réfléchir avant de poster quoi que ce soit …
- Concernant l’usage des réseaux sociaux, bien
différencier les informations à usage privé et professionnel.
- Prêter attention au paramétrage de son navigateur et
à celui de son profil sur les différents sites sociaux
utilisés.
- En cas de doute, utiliser les dispositifs de
"navigation privée" d'Internet Explorer ou de Firefox et
désactiver l’usage des cookies.
- Si nécessaire, faire appel à des « nettoyeurs »,
entreprises spécialisées qui sauront convaincre, beaucoup plus
facilement qu’un particulier, certains sites d’effacer des
informations diffamatoires.
- Limiter le recours aux cookies en comprenant que la
navigation risque d’en être affectée.
- Dans les cas extrêmes, masquer son adresse IP en
faisant appel aux services d’un intermédiaire.
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