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La société Sciforma, un éditeur Français de solutions Web,
vient de publier les résultats d’une étude portant sur les
habitudes des Français au travail. Cette étude consolide les
réponses d’un échantillon de plus de 4 000 personnes interrogées
sur le mois de juin 2010.
Un travail de plus en plus morcelé
Le constat principal qui ressort de cette étude est la
fragmentation croissante du travail des personnes interrogées.
Compte tenu du nombre croissant de messages auxquels sont
exposés les salariés (email, SMS, appels téléphoniques, alertes en
tous genres, messagerie instantanée, …), il ressort que la durée
moyenne de travail sans interruption ne dépasse pas les douze
minutes. Il paraît donc difficile dans ces conditions de mener
facilement à bien toute tâche un tant soit peu complexe.
Nombre d’interruptions et nature des
messages
Si le volume moyen d'emails reçus se situe autour d'une
trentaine de messages quotidiens, on arrive à un total journalier
d’environ quarante communications en y incluant les SMS, ce qui
représente un message et donc une interruption toutes les douze
minutes. On notera que ces messages ne sont pas exclusivement
professionnels, un tiers d’entre eux revêtant un caractère
personnel.
Au traitement de ces messages on ajoutera la charge que font
peser les réunions qui occupent fréquemment 57 % des sondés, les
rendez-vous pour 42 % d’entre eux et enfin l'assistance aux
collègues pour 49 % des personnes interrogées.
Impact sur la productivité
Une conséquence problématique découlant de ces nombreux
messages est que leur notification provoque fréquemment une
interruption du travail en cours, 75 % des personnes interrogées
déclarant prendre immédiatement connaissance des messages reçus.
Les nombreux allers et retours de l’attention oscillant entre
la tâche en cours et ces communications sont à l’origine d’un
allongement des délais et donc d’une diminution de l'efficacité.
Priorité aux urgences
Pour plus des deux tiers des personnes interrogées, ce qui est
urgent passe avant ce qui est important.
De trop nombreux salariés considèrent qu’il est nécessaire de
répondre immédiatement à tout courrier électronique. Dans un grand
nombre de cas de figure, il est pourtant possible de différer une
réponse ou bien de prendre connaissance d’une information qui ne
présente pas de caractère d’urgence à un moment plus approprié.
Si une majorité pense conserver malgré tout la maîtrise de leur
emploi du temps, 25 % déclarent être constamment sous pression et
ne pouvoir gérer que des urgences.
La tentation de l’Internet
L'étude relève que 93 % des sondés passent plus de quatre
heures par jour devant leur PC et 70 % plus de six heures.
Concernant l’utilisation qui est faite de cet outil, 38 %
déclarent passer plus d'une heure par jour à s’informer sur
Internet et pour 15 % y consacrer jusqu'à deux heures. 70 % gèrent
leurs affaires personnelles (banque, factures, …) sur leur lieu de
travail et enfin une personne sur deux s’y connecte à son réseau
social.
Changement de la nature du travail
Selon les auteurs de l'étude, l'entreprise devient de moins en
moins un lieu de production pour se transformer en lieu
d'interaction, d'échange et de dialogue permanent. L'entreprise
favorise ces interactions et fournit les outils nécessaires à leur
manifestation. Il s’agit d’un changement en profondeur de la
relation au travail et de son organisation.
Poussée à l’extrême, cette évolution pourrait conduire à ce que
l’entreprise ne soit plus qu’un lieu de communication …
Mesures de prévention
Cette étude confirme les dérives potentielles qui découlent de
la mise à disposition d’outils de communication puissants en
l’absence d’une sensibilisation et d’une formation préalable à
leur bon usage.
Afin d’éviter que ces outils ne finissent paradoxalement par
impacter négativement la productivité des salariés, on pourra
suggérer quelques précautions et mesures de bon sens.
Avant de se lancer dans tout travail de fond, il est
souhaitable de se couper de toute source de communication non
indispensable.
On pourra par exemple se mettre en « absence » sur sa
messagerie instantanée, mais également s’astreindre à une
discipline concernant la gestion du courrier électronique.
Une bonne pratique dans ce domaine consiste à prendre
connaissance et à traiter ses messages en début de journée, puis
de quitter son application de messagerie avant d’entreprendre
toute tâche nécessitant de rester concentré. On aura pris soin au
préalable de « marquer » certains messages afin de pouvoir les
traiter le moment venu.
Il sera toujours temps, une fois les tâches importantes
expédiées, de prendre connaissance des messages arrivés entre
temps et de répondre aux courriels qu’on aura choisi de traiter
ultérieurement.
D’une façon générale, la clé d’une bonne organisation du
travail consiste dans la planification et dans l’allocation
préalable du temps nécessaire à la réalisation de ses missions.
Si ces mesures ne suffisent pas, il reste la solution du
télétravail de plus en plus prisés des Français.
Quand l’atmosphère du bureau finit par représenter un obstacle
à la réalisation d’une tâche, on peut essayer de profiter de la
quiétude de son domicile pour avancer sur un dossier, sous réserve
bien sûr de ne pas être en période de vacances scolaires …
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