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Après avoir joué les pionniers du marché des smartphones en
lançant Windows Mobile en 2003, Microsoft s’est laissé surprendre
par Apple qui réalisait un des plus beaux coups de son
histoire en introduisant l’iPhone en 2007.

Ce lancement devait être suivi par celui du système Android de
Google en 2009 qui, tout en s’inspirant largement du modèle
d’Apple, rencontre un succès croissant et rattrape rapidement ce
dernier.
Rompant avec l’interface de Windows Mobile ou encore celle du
système Symbian de Nokia, ces nouveaux smartphones introduisaient
une nouvelle expérience d’utilisation intuitive reposant sur une
interface tactile multi point bien adaptée au format de
l’appareil. L’autre innovation majeure a consisté à offrir en
téléchargement toutes sortes d’applications permettant d’étendre
les services de ces appareils.
Pris de court, doté d’un système soudainement devenu obsolète,
Microsoft n’avait pas d’autre choix que de revoir sa copie.
Une nouvelle fondation
Tirant les conclusions qui s’imposaient, Microsoft a pris la
décision courageuse et inédite de repartir de zéro pour développer
Windows Phone 7, même si cela devait signifier de renoncer à la
compatibilité des applications écrites pour Windows Mobile.
La deuxième rupture s’est manifestée sous la forme de
spécifications matérielles très contraignantes pour les fabricants
de terminaux que sont HTC, LG, Samsung ou encore Dell.
Afin de garantir la compatibilité des applications, quel que
soit le mobile Windows Phone 7 utilisé, chaque constructeur se
doit de respecter des spécifications minimales homogènes.
De ce fait, en dehors de la vitesse du processeur qui doit
respecter une fréquence minimum, les seules variantes autorisées
concernent la présence ou non d’un clavier amovible, le type
d’écran qui devra de toute façon être capacitif multi points ou
encore la qualité des haut-parleurs.
Une expérience utilisateur qui se
démarque de la concurrence
Microsoft espère se différencier en proposant une expérience
utilisateur innovante, dynamique et plus productive que ses
concurrents directs.
Le côté dynamique se matérialise dans l’écran de démarrage,
complètement personnalisable, affichant en temps réel les
notifications concernant les appels, les SMS et MMS et les emails
mais également les contacts ou les photos.

L’idée étant de fournir en un seul coup d’œil une masse
d’informations sur lesquelles agir sans avoir à consulter un grand
nombre d’applications différentes.
L’innovation réside dans le dépassement du modèle d’interface
introduit par l’iPhone.
Dans le système développé par Apple, il y a une application
pour chaque fonction. Le problème étant que la réalisation de
nombreuses tâches nécessite de passer par plusieurs applications
différentes et non intégrées. On va ainsi passer beaucoup de temps
à lancer une application avant de la fermer pour en ouvrir une
seconde, la fermer à son tour pour accéder à la troisième …
La réponse de Microsoft à cette problématique réside dans le
concept des « hub ». Ceux-ci ont pour objet de consolider des
données en provenance de différents services pour les regrouper
dans une application unique afin d’en faciliter la consultation.
Le hub « contacts » par exemple va intégrer dans une
application unique les contacts en provenance du carnet d’adresses
professionnel mais également les contacts Facebook, Gmail,
Hotmail, …. évitant ainsi de lancer autant d’applications que de
services pour gérer ses contacts.

Même chose concernant le hub « photos». Les images qui vont
s’afficher dans cette application seront bien sûr celles prises
par la caméra de l’appareil mais elles comprendront également les
images publiées par les contacts de l’utilisateur en provenance de
différents réseaux.

Ce concept est encore illustré par l’agenda qui permet
d’intégrer les rendez-vous en provenances de sources différentes
(agenda professionnel tout comme privé) afin de présenter une vue
consolidée de l’emploi du temps. Les couleurs utilisées permettant
de distinguer chacun des agendas.

On ajoutera enfin que la navigation à l’intérieur des « hubs »
s’effectue en faisant défiler horizontalement un « panorama »
composé de multiples écrans. Chaque écran affiche un niveau de
détail différent en passant de la vue la plus globale à la plus
détaillée.

Atouts et faiblesses de Windows Phone
7
La bonne nouvelle pour Microsoft est que Windows Phone 7 se
démarque du paradigme introduit par Apple avec l’iPhone en
développant une expérience utilisateur novatrice. Contrairement à
Google avec Android, l’éditeur ne s’est pas contenté de reproduire
ce qu’avait (bien) fait Apple mais a cherché à innover.
Avec Windows Phone 7, Microsoft a essayé de trouver un nouvel
équilibre pour permettre aux constructeurs d’innover tout en
garantissant un niveau d’homogénéité nécessaire à la préservation
de l’expérience utilisateur quel que soit le constructeur.
Windows Phone 7 bénéficie de quelques atouts qui lui sont
propres comme son intégration avec Xbox Live, une excellente
plateforme musicale et enfin un modèle de développement facilitant
l’écriture d’applications dont a besoin tout système depuis
l’iPhone.
C’est justement une des faiblesses de Windows Phone 7
aujourd’hui que de ne pas disposer d’un catalogue d’applications
comparable à ceux de ses principaux concurrents. Microsoft met
donc les bouchées doubles pour rattraper son retard et proposer
rapidement les applications les plus utilisées sur Android et
iPhone, préférant privilégier la qualité à la quantité.
Parmi les autres lacunes de cette version 1.0 de Windows Phone
7, on notera l’absence aujourd’hui du copier-coller entre
applications ainsi que celle d’un réel multi tâches.
Microsoft a annoncé une mise à jour de son système pour début
2011 qui apportera entre autres choses le copier-coller réclamé.
D’une façon générale, on peut s’attendre à voir arriver une
succession rapide de mises à jour pour permettre à Windows Phone 7
de combler le gap fonctionnel qui le sépare de ses concurrents
partis plus tôt.
Une compétition au long cours

Nul ne peut prédire à priori le succès ou les difficultés que
rencontrera Windows Phone 7 mais on peut porter au crédit de
Microsoft de s’être donné les moyens de réussir en ayant le
courage de tout remettre à plat. Qui plus est, Windows Phone 7
représente une évolution bienvenue du paradigme d’utilisation
inaugurée par l’iPhone mais resté depuis en l’état. La réaction du
public à cette nouvelle interface constituera sans doute une des
clés du succès ou de l’échec de Windows Phone 7.
Même si Windows Phone 7 représente la version 1.0 d’une
nouvelle plateforme, il ne fait aucun doute que Microsoft se
donnera les moyens de faire évoluer rapidement celle-ci en y
investissant les ressources de développement nécessaires sans
oublier d’accompagner son lancement avec des moyens conséquents.
Personne, Microsoft compris, ne s’attend à ce que Windows Phone
7 ne vienne détrôner l’iPhone et Android avec cette première
version.
Rien n’empêche de penser pour autant que la combinaison d’une
nouvelle plateforme totalement repensée alliée avec la
persévérance de l’éditeur ne lui permette de reconquérir
progressivement une position significative sur un marché qui est
loin d’avoir atteint sa maturité.
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